Aux États-Unis, le son décrété plus rapide que l’image
(Cet article est une reprise d’une publication du site spécialisé américain SoundSpecialists, voir le lien en bas de page.)
Stupeur dans le monde du cinéma outre-Atlantique. On pensait avoir tout vu de la présidence Trump et de sa mise en cause radicale des sciences : las ! Des États-Unis nous parviennent aujourd’hui des nouvelles fracassantes : furieux d’avoir appris que le son américain était presque 1000 fois plus lent que le signal lumineux d’Europe, de Chine ou du Brésil, Donald Trump a signé ce matin un décret établissant que «la vitesse du son aux États-Unis [serait] désormais bien plus grande que la vitesse de la lumière, à savoir 299 792 458 m/s +1».
Stupéfaction dans les rangs des journalistes. «+1… quoi ?»
«Les modalités d’application du décret sont en cours de discussion» répond évasivement Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche, pendant que Trump s’éclipse par une porte dérobée.
Les scientifiques ont beau protester qu’un tel décret est tout bonnement inapplicable, les constructeurs de matériel, effrayés, on préféré prendre les devants et lancer le branle-bas de combat.
Panique à bord chez Sound Devices
Si les fabricants de matériel de transmission vidéo restent plutôt confiants, c’est chez une marque comme Sound Devices, qui produit des enregistreurs audio + vidéos comme le Pix, qu’on serre les dents.
Sound Devices : une marque dans la tourmente ?
«Le dernier décret va remettre en cause des années de R&D sur les delays!» proteste un directeur des ventes. Le club Cantar, quant à lui, propose déjà une mise à jour pour rendre les délais de la machine compatibles avec les derniers décrets.
Les spécialistes s’interrogent : pourquoi la première puissance mondiale s’attaque-t-elle à des vitesses de propagation fonctionnelles, pratiques et communes à tous les pays, au risque de perturber les fabricants américains ?
«La vraie logique de Donald Trump est de s’attaquer aux productions cinémas qui font concurrence aux Américains», nous confie un ancien diplomate français, par ailleurs très cinéphile. «Il sait que le cinéma hexagonal, qui exporte des comédies très prisées aux États-Unis, fonctionne sur une vitesse de propagation fixe du son et de l’image. En frappant ce principe en plein cœur, il espère délocaliser les productions de comédies parisiennes aux États-Unis, et faire venir chez lui Dany Boon, Omar Sy ou même… Christian Clavier.»
Un ancien cadre de la CST, plus pessimiste encore, nous explique sa propre théorie : «En renversant les rapports son-image, Donald Trump donne des gages aux franges les plus extrémistes du parti républicain, qui espère rouvrir le débat sur les cadences images. Des réseaux de suprémacistes n’ont jamais digéré que le cinéma soit à 24 images par seconde, la télévision européenne à 25, et qu’ils soient les seuls à subir des formats boîteux qui les obligent à des conversions cinéma-télé à base de pulldown 3:2 disgracieux. Leur grand rêve est d’imposer la cadence américaine, de 29.97 DF… au reste du monde !»
Des professionnels vent debout
Une perspective que la Société des Réalisateurs de Films prend très au sérieux, à travers sa pétition : «Le cinéma se fait à 24 et le restera !», faisant écho à la déclaration commune de l’Association Des Mixeurs (ADM) : «Sauvons le varispeed 24 vers 25!».
L’association des Assistants Retour Vidéo du Cinéma et de la Télévision Française (AARViCiTéF) s’annonce quant à elle très inquiète des conséquences de ces modifications si elles devaient venir en France, et s’annonce solidaire de ses collègues américains.
Et dans la presse ?
Les médias s’estiment très prudents face au dernier décret du président États-Unien, à l’exception notable d’Europe 1 et Cnews qui applaudissent «un acte fort de souveraineté nationale, et un clou planté dans le cercueil des sciences wokes.»
Du côté des syndicats de producteurs, derrière un scepticisme affiché, on observe attentivement les effets de ce nouveau décret. «Les plus libéraux d’entre eux se demandent si accélérer la vitesse du son ne serait pas la bonne méthode pour rendre plus véloces les équipes son sur les tournages», fulmine un délégué d’un syndicat de techniciens. «Dans leur vision des choses, le fait qu’on attende toujours le son sur les plateaux est un vrai problème, engendrant des heures supplémentaires à répétition qui épuisent les équipes. C’est une manière déguisée d’augmenter les cadences de travail, sans aucune contrepartie !»
Les calculs de la Nasa sur la vitesse de propagation du son dans l’air. Des schémas bientôt caducs ?
Et pour finir…
Le président Trump ayant appris entre temps que son nouveau décret rendait maintenant l’image américaine plus lente que le son, il travaillerait, selon ses conseillers, à un nouveau nouveau décret qui rendrait chacun des deux plus rapide que l’autre, afin de créer, se vante-t-il, «de formidables opportunités».
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